mardi 18 septembre 2007

Dans l’bon vieux temps ça s’passait de même…

chroniques dominicales


On dit que la mémoire est une faculté qui oublie. Faux. La mémoire est une faculté qui embellit.

Tout dernièrement quelques voix se sont élevées dans le médiatique pour s’exprimer sur la jeunesse et la future génération d’adulte. Également, suite aux dernières sorties de Jacques Godbout (sur l’inculture des jeunes), de Lise Payette (sur la télévision) et de Charleboix et Leloup-Leclerc (sur la musique), j’ai eu moi aussi l’envie folle de m’exprimer sur la question. Pas pour les défendre, pas plus pour les pourfendre.

Le discours de ces quatre personnages médiatiques ont tous un point en commun, ils lèvent le nez sur ce qui ce fait aujourd’hui par une plus jeune génération qu’eux. Peut-être pour avoir le sentiment qu’ils ont été meilleurs. C’est une simple hypothèse. J’admets, que ces sorties font un peu mon oncle qui-lui-y-connaît-ça, y’en a du vécu. En fait, ça ne serait pas un peu prétentieux de penser que l’on détient un savoir, un acquis, une sagesse face à une jeunesse égarée, sans culture et brouillonne.

Dès que j’ai appris les énormités dites par ce quatuor cité plus haut, j’ai tout de suite fait le réactionnaire. Une bande de fini, une bande de cons en quête d’un peu d’intérêt personnel. Puis la poussière est retombée et je repris la raison sur la pulsion. S’ensuit une période de réflexion. Reste qu’il faut être prétentieux pour se permettre de juger la jeunesse aussi aisément. Pourtant, je commence aussi à croire que c’est un peut-être un réflexe tout à fait normal.

Combien de fois, les gens de mon âge partent-ils sur une lancée de répliques fétiches attribuables à « Passe-Partout ». Et ça, c’est quand ils ne dansent carrément pas sur les comptines de la défunte émission. Pourquoi la station Chom (97.7 fm) roule sur le même créneau musical depuis des années? La piste « stairways to heaven » doit être rayée autant sur vinyle que sur CD. Et n’oubliez pas, la télé série « Lance et compte » qui compte encore nombreux fans de la première édition.

Un peu partout les groupes d’âge n’appartenant plus à la jeunesse font de la profonde nostalgie. Ce sentiment qui les amène à trouver leurs époques, leurs jeunesses et leurs souvenirs s’y rattachant, tellement mieux que ceux véhiculés aujourd’hui. Entre vous et moi, avez-vous regardé les « p’tits bonhommes » du samedi matin? Ça n’a rien à voir avec nos G.I. Joe, Transformers, Démétane et Maya l’abeille. En plus, notre nostalgie fait vendre. Combien de nouveaux coffrets DVD sortiront ce Noël récupérant nos émissions de télé de jeunesse?

Et désolé pour tous ceux qui ne veulent pas me croire, qui ne veulent pas accepter ce triste sort de ne plus être dans le coup. Désolé de vous l’apprendre, mais c’est comme ça. Justement, c’est pas exactement ça, la jeunesse. Être autre chose que le reste. Une jeunesse, ça appartient aux jeunes et bien que l’on tente de s’intéresser positivement à leurs cultures, il n’en reste qu’en bout de ligne, ce n’est que du rattrapage avant d’être largués. On est nostalgique de notre jeunesse, peut-être parce qu’on n’arrive pas à comprendre celle qui a lieu présentement? C’est une routine générationnel. Chaque fois on est devant la répétition. Comme sur ce qu’il se disait de notre génération, alors qu’on rêvait d’avoir un château fort comme dans la « Guerre des Tuques ».

L’incompréhension de la culture de la jeunesse actuelle nous amène à nous retrancher dans nos souvenirs pour nous réconforter et se rassurer. Dans notre temps, y’avait pas de ça des gangs de rues. Difficile de se retrouver devant l’inconnue, alors on ressasse notre nostalgie et pour vraiment se rassurer on crache sur la jeunesse d’aujourd’hui. On les discrédite pour valider notre ignorance à leur mode de vie.

Ne faites pas les contrariés moi-je-ne-suis-pas-comme-ça. Si ça peut vous rassurer, cette jeunesse que l’on critique fera de même dans dix ans sur la suivante.

jf daunais

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