mardi 18 septembre 2007

Le côté Hérouxvillois

chroniques dominicales


C’est un vrai bordel depuis une semaine. Une tempête médiatique sous forme de sondages et d’opinions. Un événement « crotte de mouche » grossis puissance mille au microscope. L’amplification des pensées d’un maire coloré. Et malgré tout cela, ressortent quelques malaises et problématiques.

Bien qu’à première vue, tout cela semble être un coup de publicité. Après la montée fulgurante de Stéphane Gendron (maire d’Huntington), certains maires de petites bourgades se sont sentis inspirés. Eux aussi croient maintenant à leurs quinze minutes de gloire. En plus, on cherche toujours un remplaçant à « l’Avocat et le diable » ou sur une panel de débateur à TQS.

Depuis une semaine donc, on s’acharne à dépeindre le maire d’Hérouxville comme un paysan sans culture. Un peu partout on fait les condescendants. On méprise ce maire de village. Parlez-en à Guy A Lepage et son acolyte qui se sont payés la gueule de l’homme dimanche soir. Mais derrière toutes ses railleries, il reste le projet voté par le village. Car bien que ça fasse une semaine qu’on discute de l’événement, je n’ai toujours pas l’impression d’en être bien plus informé. Bon d’accord, ils sont contre la lapidation des femmes, mais quoi encore.

Derrière tout ce flafla de divertissement, il y a autre chose de plus profond. Il y a la facette cachée de chacun d’entre nous. Le côté Hérouxvillois qui sommeille dans chacun des Québécois. Car bien que l’on puisse trouver le projet de loi du maire complètement débile, reste qu’il y a quelque chose de profondément commun.

Dans un Québec, qui historiquement a lutté pour se réapproprier sa culture face à la domination anglophone, il y a un patern qui semble ressurgir. Le Québec se dit une société ouverte sur le monde et pourtant quand vient le temps de discuter d’arbre de noël sur la place public, notre ouverture ferme rapidement ses portes.

Sans être nécessairement raciste, il peut s’avérer normal qu’un jour ou l’autre il nous arrive d’être contre un accommodement. Et ironiquement, votre voisin, lui, pourrait être tout à fait en faveur. Ce débat sur la multiethnicité est un débat universel encore très jeune par chez nous. Mais il est grand temps qu’on discute sur le sujet. Temps d’admettre que l’on n’est pas parfait et que parmi la panoplie de rituels appartenant aux nouveaux arrivants, des choses peuvent carrément nous déranger.

Il est trop facile de planter le maire d’Hérouxville pour se donner bonne conscience. Remercions-le plutôt de nous questionner et de nous montrer une réalité que l’on préfère ignorer. Le Québec, ce n’est pas seulement Montréal. C’est un ensemble de visions divergentes sur un questionnement commun.

jf daunais

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