mardi 18 septembre 2007

LE LOOSER

chroniques dominicales


Il y a comme un goût du jour qui cours ces temps-ci, au menu; les tueurs adolescents. Vous savez, vous les avez vus à la télé. Ceux qui entrent armé dans une école et font une épuration des lieux. Ces temps-ci et depuis l'incident Dawson, on suit à la trace chaque nouvelle tuerie qui se déroule dans les écoles de l’Amérique. Il se passe quelque chose avec la mort qu’on tolère mal de ne pas arriver à le comprendre. Un peu comme les pilules, on nous gave de théories préfabriquées sur les possibles responsable: la musique, le gothique, les jeux vidéo, les films violents et j'en passe. On cherche à trouver la source qui a réveillé le tueur qui dort dans l’adolescent. Et si c’était autre chose.

Ça commence à faire loin, mais j’ai encore des souvenirs de mes cinq années au secondaire. De très belles certes, mais de très dures aussi. Le secondaire, c’est vivre son Vietnam personnel. C’est la possibilité de vivre une journée qui vous rentre-dedans parce qu’on a le malheur d’avoir un bouton dans le front ou des bas blancs. Le secondaire c’est l’humain dans sa plus grande insécurité. On se fait fesser dessus parfois et des jours ce sont nous qui frappons. Les plus durs, eux, frappent avec un bâton. Le secondaire est une période difficile. Mais si on passe au travers, peu de chose par après peuvent arriver à nous blesser avec autant de précision. On entre au secondaire un peu naïf et on en ressort avec une belle carapace flambant neuve.

Pour certains, la période du secondaire n’offre pas la chance de frapper sur les autres. Pire, ceux-là n'arrivent pas à même éviter les coups qui pleuvent sur eux. Ils n’ont simplement aucune chance. Le nombre d’assaillants dépasse leur force. Ils portent parfois des bas blancs et par un triste destin du sort, ils deviennent des véritables cibles humaines. Ils sont les loosers de service.

Sans être en mesure de l'expliquer, il y a de ces moments où me reviens le souvenir de loosers qui peuplaient mes années d’études. Ils étaient un exécutoire pour tous les autres. Ils étaient notre chair à canon. C'était eux qui m’évitaient de me faire trop passer au cash. Il faudrait peut-être qu'on les remercie tous, mais des excuses seraient peut-être plus appropriées.

Tout dernièrement, j'ai fait l'association entre nos martyrs de secondaire et l'annonce de tueries dans une école. Sans peu vous paraître exagéré comme lien, mais j'ai vraiment l'impression qu'on en a blessé sérieusement. Pensez à votre pire peine d'amour et multiplia par dix. Pour eux c'était du quotidien.

C'est peut-être pas seulement jeux vidéo, film, musique, gothique ou les mathématiques. Une part des responsabilités peut nous revenir. Du moins, il faudrait commencer à les voir comme des humains. Ce qu'on a oublié de faire avec les loosers.

jf daunais

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