mardi 18 septembre 2007

Les Aberrations

chroniques dominicales

n.f. Erreur de jugement; stupidité. Elles sont partout, elles nous entourent. Elles sont petites et grosses. Elles touchent toutes les couches de la société. Parfois on en rit, sinon on en est atterré. Les aberrations sont ce qu'elles sont, par ce qu’elles dépassent ce que nous-mêmes on s'était imaginé.

Pour vous situer. Ce qu’on entend à la Commission Gomery, ça c'est de l’aberration à l'état brut. Des policiers qui tabassent un chauffeur de taxi et qui ne reçoivent qu'une tape sur les doigts, juste pour dire qu'ils ont été punis, ça aussi c'est une erreur de jugement. Une stupidité.

C'est pas tout. Voler un dépanneur sans se cacher le visage. Même chose. Ça prouve que les voleurs n'écoutent pas les nouvelles. Je vous l'ai dis, toutes les couches de la société y passent. Ça nous unit en quelque sorte. On peut toujours s'identifier à quelqu'un. Introduire la fille de la météo à la télé et de l'interpeller en mentionnant son nom en entier "Bonsoir Sophie Chiasson". Juste pour nous rappeler que c'est bien elle la saveur du mois. Profites en Sophie, Fillion est parti. Lui, une aberration sur deux pattes, qui criait liberté aussi fort que les américains en Irak.

Se faire suivre dans un magasin de vêtement, juste parce qu’on a une tronche de jeune. On est-tu vraiment tous des voleurs? Ou bien avoir peur aussitôt que l'on croise plus de trois jeunes, qui font juste flâner. Ils pourraient faire partie d'un gang violent et vous sauter dessus dès le dos tourné.

Une aberration ce n'est pas toujours gros comme le bras. C'est aussi subtil, comme un petit détail qui nous passe sous les yeux. C'est aussi quotidien que les chauffards qui accélèrent sur les rouges, mais qui par bonne conscience klaxonne pour vous avertir qu'ils pourraient vous écraser . La connerie humaine ça ne prend jamais de break et elle ne fait pas seulement vous entourer, elle fait aussi partie de vous. Désolé de briser votre tour d'ivoire. On est tous à un moment aberrant.

À la sortie d’un film, je mets souvent à déblatérer du boui boui d'intello manqué sur le cinéma. Vraiment, celui qui m'entend doit sûrement expirer de désespoir devant toute ma stupidité. Peut-être se retient-il pour ne pas rire trop fort.

Naturellement je parle d'aberration plus loufoque et pathétique, mais y'en aussi des plus dur qui blesse aussi. Je vous épargne, y fait beau.

Dernières quelques aberrations: ceux qui essaie de dépasser dans un line-up de cinq personnes. Une compagnie qui à presque main mise sur la diffusion de la culture au Québec. Les sandwichs au McDonald, pensez-vous vraiment qu'elles sont meilleures pour la santé que leurs hamburgers? Youppi, l’orange mascotte, qui est à vendre... Et pour finir, l'aberration suprême, qui aura lieu probablement aujourd'hui en ce premier jour de printemps. Porter fièrement le t-shirt et les shorts et avoir l'impression qui fait chaud. (Un coup parti prenez dont une pelle et répandez votre neige dans la rue. Votre gazon aussi est ben content que ça soit le printemps).

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Tiré de "Noce de Papier" de Réal-Gabriel Bulold, p. 85: "Mascouche ressemble, à n'en point douter, à une petite ville du New-Hamphire avec ses façades de maisons en briques rouges, ses toits biscornus en tôle argentée ornés de lucarnes ciselées et ses galeries décorées de fines dentelles blanches protégées par de grands arbres centenaires". Le livre à été écrit en 2002.

Si vous ne riez pas après ça. La preuve que la littérature aussi à ses aberrations.

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Un mot d'encouragement pour les étudiants (ben oui ceux qu'on trouve qui chialent, alors qu'on était étudiants y'a pas si longtemps). Donc encouragez-vous, hier un mendiant m'a demandé "un peu de change", mais lorsqu'il a vu que je portais un carré rouge s'est rétracté et m'a simplement dit de ne pas lâcher. Y'a des moments où les aberrations deviennent touchantes.

jf daunais