mercredi 6 février 2008

Vieillir et devenir con

Quand j’étais enfant, imaginez-vous 7-8 ans, j’étais un vrai partisan du Canadien de Montréal. Je trouvais le CH bon et j’étais triste quand il perdait, mais jamais je ne le trouvais pourri. Je n’analysais pas les moindres statistiques au sujet des joueurs. J’avais des joueurs préférés et des moins préférés. C’était simple comme ça.

Aujourd’hui, 21-22 ans plus tard, me voilà qui lit le journal différemment. La section des actualités avant celle des sports.

Les années passent et on ne reste pas nécessairement les mêmes. Je me modifie avec les années. À défaut de me bonifier. Ça se remarque par les détails. J’ai changé de goûts musicaux. Je n’aime plus tout à fait les mêmes films. Je ne rêve plus de même voitures. Mes intérêts ont changé de vie. Je vous dis, toute une métamorphose. Maintenant, je mange des légumes plus seulement parce-que c’est bon pour la santé.

À mon arrivée à Montréal, j’ai découvert l’hebdomadaire « Voir ». Un p’tit journal fort sympathique, même si je me contre crissais des articles sur la danse et le théâtre. Je me rappelle de l’engouement que j’avais à lire la colonne éditorial de Richard Martineau. Je me suis même retrouver à le citer à quelques reprises. Une preuve indéniable qu’on se cherche encore à 17-18 ans. Aujourd’hui, Martineau m’apparaît comme un mononcle, avec des opinions de mononcle. Vieillir, ça peut être aussi pour le mieux et il manquera toujours une section sport au « Voir ».

Tout dernièrement, je discutais avec des amis et c’est après plusieurs minutes que je me rendis compte de notre discours. Soudainement nos opinions avaient pris du vieux. Notre regard sur le monde m’a semblé plus conservateur. On s’était endurci sur nos positions. On a maintenant une place hypothéqué dans la société. Nous sommes officiellement des contribuables à part entière. Un mot qui n’était pas moi durant mes 25-26 ans.

Je suis devenu un vieux con à mes yeux d’enfant et face à mes idéaux d’adolescents.

Une chose est certaine, je ne vieillirais pas comme ces vieux cons dans la cinquantaine. Mais bon, on n’est pas une surprise prêt, serais-je peut-être devenu partisans de sports équestres.

Vous l’aviez peut-être compris, tout dernièrement, je passais le cap des trente ans. Rien de bien différent qu’à l’habitude. Et tout ce qui me restera en souvenir de cette année, ça sera Paris, un party et la saison gagnante du Canadien.

jf daunais